Jana Wehbe still

Quels projets vous amènent à Cannes cette année ?

J’accompagne deux projets: Un long métrage documentaire réalisé par Elie Kamal, Beyrouth Terminus, actuellement en post-production qui a obtenu le soutien du Ministère de la Culture du Liban et que nous avons présenté dans la programmation Work in Progress – Lebanon Goes to Cannes. C’est un film qui pose des questions sur le Liban contemporain en retraçant l’histoire des voies de chemin de fer libanais.

Je suis également ici pour être aux côtés du reste de l’équipe de Tombé du Ciel, le premier long métrage de fiction de Wissam Charaf, présenté pour la première fois ici à Cannes, produit par Né à Beyrouth et Aurora films et dont j’ai assuré la production exécutive.

Pouvez-vous nous dire un mot de vos activités pour le Doha Film Institute ?

Je travaille pour le DFI depuis 2011 comme collaboratrice dans le département de l’industrie et notamment sur le développement des films Qatari cette année, ainsi que sur les projets pour le festival Qumra, dont la deuxième édition s’est tenue cette année. C’est un rendez-vous qui permet à une trentaine de projets en développement, en production et en post-production d’être présentés à des professionnels du cinéma du monde entier.
Mimosas, le film réalisé par Oliver Laxe qui vient d’obtenir le Grand prix de la Semaine de la Critique, faisait par exemple partie des projets sélectionnés par Qumra cette année.

Quelles sont les évolutions que vous constatez dans le paysage cinématographique libanais ?

De plus en plus de films sont produits au Liban, mais ce que je trouve très beau c’est avant tout de constater la diversité de ces projets, la découverte de voix singulières.
En parallèle, à l’émergence de ces nouveaux auteurs, ce sont aussi des producteurs qui apparaissent, soucieux d’accompagner les films et de les défendre. Plusieurs associations ont permis à cette profession d’évoluer au Liban, je pense notamment à Beirut DC avec le programme Doc Med consacré à la production de films documentaires auquel j’ai eu la chance de participer il y a quelques années.
Aujourd’hui ce sont des producteurs libanais qui portent les projets et vont ensuite chercher des coproducteurs à l’étranger. Cette professionnalisation représente un changement très encourageant.

par Lisa Giacchero