Pour le réalisateur Olivier ASSAYAS, “Carlos” est une fiction qui tente de découvrir l’homme qui se cache derrière le mythe contemporain du terroriste, star médiatique et séducteur invétéré.

Ce film choc réussit à faire transparaître la complexité de la géopolitique des années 70 et 80 tout en prenant en considération le “facteur humain” des décisions qui ont marqué cette époque.

Assayas a réussi le pari d’aller au delà des stéréotypes pour laisser transparaître la complexité du personnage de Carlos et le paradoxe qui l’anime : Son désir de marquer l’histoire et d’exister médiatiquement d’un côté, face à son dessein initial de changer le monde en luttant contre l’impérialisme.

Ce qui marque également les esprits dans cette super-production de Canal + est le souci d’atteindre une réelle authenticité en utilisant des acteurs de la même nationalité que leur personnage et en tournant entre l’Europe et le Moyen Orient pour suivre la trace du terroriste. Mais si le tournage a eu lieu à Paris et en Allemagne pour l’Europe, la plus grande partie du tournage au Moyen Orient s’est déroulé au Liban, “plus sûr que les pays avoisinants” dit le réalisateur. “Nous n’aurions pas pu faire le film ailleurs” dit-il avec conviction. En effet, la diversité des paysages du Liban lui ont permis de choisir ce pays à la place du Maroc pour recréer des paysages du Yémen, par exemple, mais aussi pour retrouver des décors urbains proche de ceux des années 70.

Assayas a également trouvé “évident” son choix d’acteurs libanais, “exceptionnels et qui sont tous devenus des amis”… Finalement, l’atout du Liban d’après le réalisateur français est “la générosité et le professionnalisme” des équipes techniques libanaises.

Sabine Sidawi, productrice éxecutive de Carlos nous confie quant à elle que : « C’était un plaisir de participer au tournage d’un film français tourné en France, en Allemagne et au Liban. Nous avons pu démontrer la qualité exceptionnelle de nos équipes qui n’ont rien à envier aux équipes étrangères. En même temps, cette collaboration enrichit nos techniciens au niveau de la manipulation de matériels techniques parfois différents et du contact avec une équipe étrangère de haute qualité. Pour le Liban, c’était une entrée de devises conséquentes qui se chiffre à environ 1 million de dollars en 3 à 4 mois de tournage, et pour moi c’était l’occasion de vivre l’expérience d’une approche différente d’un tournage, avec la possibilité de donner un souffle local et authentique à un film étranger».