Mon film est un film d’art qui est en rapport avec la ville, la vie, la femme, l’amour.

Comme autrefois le voyage initiatique était nécessaire pour connaître l’Orient, j’ai voulu, à travers mon film et notamment la bande sonore qui est articulée autour d’une voix intérieure, que le spectateur puisse être fasciné par le Liban.

On entend tout au long du film la voix intérieure du personnage principal qui est interprété par Nasri Sayegh. L’idée m’est venue d’associer cette voix à d’autres voix d’acteurs étrangers. Au lieu de faire du doublage, je vais demander à des acteurs internationaux de faire cette voix.Il y a Bruno Ganz qui est déjà dans le projet et je suis en pourparlers avec Xavier Bardam.

L’objectif est de faire connaître ce film aux différents festivals, de le lancer. Ce n’est pas un film évident à vendre.

Dans la salle ce soir il y aura des vendeurs, des distributeurs, des journalistes. Je suis mon propre producteur et donc c’est moi qui fais tout le travail. Comme avant j’étais une habituée de Cannes, je connais pas mal de monde. Le fait d’avoir ce stand est important parce que cela me permet de faire une projection au marché. J’aurais préféré en faire trois mais je fais la promotion avec mes propres moyens et ils sont limités. Je cherche actuellement des producteurs pour deux projets que j’ai. Je cherche des fonds et je regarde du côté des pays arabes. Il faudrait penser aussi à un modèle de coopération méditerranéenne.

Comment voyez-vous le cinéma libanais aujourd’hui ?

Il faut qu’au niveau étatique les ministères concernés réalisent que nous sommes des ambassadeurs de la culture libanaise dans le monde. Nous réalisons avec nos films de véritables témoignages. Les artistes sont la soupape de survie de ce pays. Pourquoi ne pas s’ouvrir aux arabes ? Leur discours a changé. Ils veulent que la cinématographie arabe existe. Les jeunes réalisateurs qui sont là constatent que Cannes, le plus gros marché du film du monde, est un marché difficile. Il faut connaître beaucoup de gens. Mais c’est important d’être à Cannes pour dire je suis là. Au Liban, malheureusement, on n’a pas une génération de producteurs. Je conseille aux jeunes de se lier à un producteur. Il y a toute une structure à mettre en place.