Depuis 1975, elle a réalisé de nombreux documentaires puis des long-métrages de fiction. Impressions.

Mon premier festival de Cannes remonte aux années 1970, j’étais alors étudiante. En 1985 j’y ai présenté mon premier long métrage de fiction, “Une vie suspendue” pour la sélection “La quinzaine des réalisateurs”. La guerre civile faisait rage au Liban, mais je voulais montrer au monde que nous étions toujours capable de créer, de faire des films.

Difficile de savoir combien de fois je suis venue au festival ! C’est un évènement incontournable pour les professionnels du cinéma de toute origine ; on y vient pour rencontrer les gens, pour exister dans le milieu…c’est un véritable boulot.

Je viens ici avec deux projets : un long métrage de fiction, et un documentaire, pour lequel j’ai reçu une bourse à l’écriture de la Fondation Abu Dhabi. J’y aborderai des thèmes qui me sont chers, comme le corps, les femmes, la Méditerranée…

Mais je viens également pour rencontrer d’autres professionnels du cinéma arabe. L’hommage que la Tunisie a rendu à Tahar Cheriaa (réalisateur et grande figure de la culture tunisienne) était particulièrement émouvant. Comme en Egypte, il existe en Tunisie dans le domaine de la culture un véritable pont entre les générations et un respect des “anciens”. Cela manque au Liban, tout comme un désir d’apprendre des autres cinéastes arabes.