Habitué à réaliser vidéo-clips, publicités et court-métrages, Selim Al Turk signe avec “Last Valentine in Beirut” son premier long-métrage, “une expérimentation à tous les niveaux” selon lui.

“Last Valentine in Beirut” se distingue avant tout par l’usage de la technologie 3D, une première dans le monde arabe. Pourquoi l’avoir utilisé ?

J’ai utilisé la 3D car je voulais que le film ressemble à une pièce de théâtre. La profondeur du fond permet d’obtenir cet effet, tout comme le choix du plan fixe. d’un plan fixe. L’autre motivation était d’ordre technologique ; aucun film en 3D n’avait encore été fait dans le monde arabe.

Quels sont les sujets que vous vouliez réellement mettre en exergue dans le film ?

Ce film n”est pas un film sur la prostitution, mais un film sur les relations hommes-femmes. Je n’y porte pas de jugement sur les personnages car tout le monde est empreint d’une certaine médiocrité. Seule Juliette (le personnage principal, qui est une prostituée) est sincère, mais elle est condamnée à cause cela. Selon moi les prostituées sont les seules personnes qui assument ce qu’elles font de mal. Mon message est donc qu’avant de juger les autres, il faut regarder en soit si l’on est vraiment sincère.

Selon vous quelle va être la réaction du public au Liban ?

Je déteste l’idée de traiter le public comme une masse. Il n’y a donc selon moi pas de “public libanais”, mais 200 000 personnes avec des goûts uniques.

Certaines scènes et dialogues sont assez osées…pensez-vous que le film échappera à la censure ?

Certains passages seront probablement censurés, et le tout sera comme souvent d’exprimer les même choses de manière plus subtile. Mais je tiens d’ores et déjà à annoncer que les scènes censurées seront disponibles sur internet.

Quelques mots sur le tournage ?

La plupart de l’équipe est constituée d’amis rencontrés dans le cadre de mon travail de réalisateur. De part une riche expérience professionnelle je ne suis pas senti obligé d’utiliser certaines techniques cinématographiques, les ayant déjà utilisé par le passé. Ainsi, je ne me suis pas senti “prisonnier” de ces techniques et ai utilisé ce que je pensais être le mieux pour mon film. L’idée de faire un plan séquence par scène (durant entre 3 et 7 minutes) était extrêmement stressant car toute la scène était à refaire si la moindre chose n’allait pas. C’est un véritable travail d’équipe, car tout le monde doit être synchronisé, notamment au niveau des éclairages et des décors, qui changent au cours de la scène. Le tournage a donc duré 30 jours, chaque jour correspondant au tournage d’une scène. J’ai déjà à mon actif un court métrage réalisé en une seule prise, mais ce long-métrage représentant un autre défi à cause du budget et du nombre de personnes engagées dans ce projet.

By Coline Houssais