Elie Lamah, réalisateur libanais, 28 ans, a venu à Cannes présenter “Para la Eternidad”, son premier court-métrage. En plus de cette sélection au Short Film Corner, ce film a été présenté en sélection officielle au Lebanese Film Festival (2010) ainsi qu’au marché du Court Métrage à Clermont-Ferrand (2011).

HISTOIRE

“Para la Eternidad” raconte, en une nuit, l’histoire d’une veuve qui retrouve périodiquement un homme qu’elle considère comme le portrait craché de son défunt mari. Le contexte, bien que subtilement suggéré, est très important : la protagoniste principale vient d’un milieu campagnard très conservateur dominé par les femmes, veuves elles-mêmes pour la plupart. Le stoïcisme de chacune de ces créatures vêtues de noir face à la perte de leur mari est glorifié par les autres. Mona vient de perdre son mari, celui qu’elle avait rejoint et épousé en Espagne sans le connaître, celui qu’elle avait follement aimé.

Epousé, aimé, enterré, dans cet ordre précisément. Elle se sent étrangère à cette terre qui est sienne mais qu’elle avait quittée en pensant ne plus jamais y retourner. Tous les mois, alors que les habitants du village croient qu’elle part à Beyrouth pour collecter la pension de son mari, elle rejoint cet homme à qui elle s’obstine à parler en espagnol. Tout en lui lui rappelle son mari, jusqu’à son haleine…mais l’on ne sait en réalité ce qui est du domaine de la réalité et ce qui est du domaine du fantasme de Mona.

ACTEURS

Les acteurs principaux, Carole Abboud et Ricardo Boscar sont respectivement Libanaise et Espagnol. Ne parlant pas la langue de l’autre et le film se déroulant en arabe et en espagnol, Carole a dû apprendre son texte en espagnol phonétiquement pendant que Ricardo faisait la même chose en arabe ! Carole a accepté de prendre plusieurs kilos pour le film, une vraie professionnelle!

INSPIRATION

A l’image d’un phoenix, Elie dit que ce court-métrage est actuellement né d’un projet avorté qu’il a petit à petit changé, scène par scène, pour aboutir à “Para la Eternidad” qui n’a plus rien à voir avec le projet de départ.

CANNES

«C’est la première fois que je viens au festival de Cannes» nous raconte Elie «et c’est assez impressionnant. Pour l’instant je fais mes marques, mais j’apprécie beaucoup le support que nous offrent (à nous, jeunes réalisateurs, ndlr) des années de présence continue du cinéma libanais à Cannes ; en quelque sorte le chemin est balisé et les gens ne sont pas surpris de nous voir. En même temps, il est important de continuer à donner par le cinéma un autre regard sur le Liban, et de contribuer par les films que nous ferons à une nouvelle identité libanaise».