A l’occasion de la projection de “Out Loud” aujourd’hui à 20h (Salle Lérin, Riviera Building, 1e étage), le réalisateur Samer Daboul nous livre ses impressions sur son film et “son” festival de Cannes.

MESSAGE

En mettant en scène un groupe d’amis composés d’un “ménage à 4” – 3 garçons, une fille- et d’un couple homosexuel, mon film aborde sans fard les droits des femmes et des minorités sexuelles au Liban. Cependant les thèmes ne sont pas l’unique focus du film. Ce dernier parle avant tout d’amour, d’un amour pur qui a des fois du mal à se faire une place dans la société d’aujourd’hui, et qui doit briser toutes les règles pour exister.

REPERCUSSION


Ce film vise clairement à provoquer une réflexion au Liban et dans la région en donnant une nouvelle image des relations amoureuses “non-conventionnelles”.Il n’a pas pour autant été facile de tourner, et certaines scènes ont dû être faites sous la protection de l’armée !

D’ailleurs, le tournage a été tellement riche en rebondissements que nous avons eu envie de transformer le “making-of” en un véritable documentaire. Cela nous a également permis d’aller encore plus loin sur certains aspects qui nous tenaient à coeur, comme le droit des femmes et des minorités sexuelles.

TOURNAGE


Parmi les multiples anecdotes de tournage, j’en retiendrais surtout deux : tout d’abord, le scénario prévoyait une scène où les deux personnages homosexuels s’embrassent. Malgré nos efforts, il a été impossible pour les acteurs interprétant ces personnages de s’embrasser sur la bouche, et un compromis a été trouvé avec…un baiser sur le front ! Comme quoi, les mentalités doivent évoluer, y compris au sein de l’équipe…La seconde anecdote est encore plus croustillante : l’une des scènes impliquait que le personnage principal soit étendu sur un rocher, en chemise sous une pluie battante. Nous tournions alors en plein hiver, et le thermomètre avoisinait 0°C. Cerise sur le gâteau, il s’est mis à pleuvoir et à tonner violemment, une véritable tempête…Au bout d’un long moment dans ces conditions, l’acteur s’est mis à hurler d’une manière sauvage, et tout le monde a pensé qu’il s’agissait du script, alors qu’en réalité il hurlait de froid ! Ne pouvant plus se lever, il a dû être porté et immergé dans une baignoire d’eau chaude pendant plusieurs heures avant qu’il ne puisse vraiment se réchauffer.

FESTIVAL


Cannes est une expérience extrêmement intense ; pour le moment j’ai rencontré des distributeurs qui sont surtout occupés à vendre leurs films. D’ici quelques jours je pense que la frénésie retombera un peu, ce qui sera plus propice aux rencontres et négociations. Nous sommes très chanceux d’être ici car le film a été terminé il y a seulement deux semaines !

By Coline Houssais