Georges Schoucair est un homme précieux pour qui s’intéresse à l’industrie cinématographique au Liban. Directeur de la société de production “Abbout Productions”, il vient de créer avec 5 autres producteurs égyptiens et français “Pacha Pictures”, la première société de distribution parisienne spécialisée sur la vente de films arabes.

D’où est venue l’idée de créer “Pacha Pictures” ?

Ce projet me tient à coeur depuis plusieurs années…cela fait 7-8 ans que l’on a vraiment les talents et l’argent nécessaire. Ce qu’il manque maintenant sont les outils, tels que la production, la distribution, la vente à l’international…Pacha arrive dans ce contexte et constitue l’un des “chaînons manquants”. Je veux que nous sortions de l’idée d’un “sous-marché” dans la région.

Le contexte politique régional vous a peut être poussé à faire le pas ?

Assurément. Nous assistons à de profonds changements sociétaux dans le monde arabe. En plus de ce vent de liberté qui souffle sur la région, beaucoup de choses se passent actuellement dans le Golfe. Les pétro-dollars ont été injectés massivement dans l’éducation et les médias ces derniers temps dans une optique de leadership régional. Le cinéma est un vecteur idéal de cette nouvelle politique, il montre le dynamisme et l’identité de la région. Avec tous ces éléments, il nous est ainsi beaucoup plus facile de donner vie à des films.

Pour revenir à “Pacha Pictures”, cette dernière se focalise exclusivement sur le Moyen-Orient. Et l’Afrique du Nord ?

“Pacha Pictures n’en est qu’à ses débuts, et le développement prendra du temps. Nous travaillons avec des films moyen-orientaux pour ses raisons pratiques car c’est dans cette région où nous avons bâtis nos réseaux et notre expérience. L’expansion vers le cinéma maghrébin se fera en temps voulu, bien que “Pacha Pictures” soit également une réaction aux liens privilégiés qu’a ce dernier avec les réseaux de distribution français.

Vous continuez néanmoins votre rôle de producteur…

En tant que directeur de “Abbout Productions” je produis 3 à 4 films par an. Cette année, il s’agit de deux documentaires que nous avons tourné et dont nous assurons la post-production, ainsi que deux films, qui seront tournés en fin d’année. “Stray Bullet”, et “Je veux voir”, nos deux derniers films d’envergure ont connu un certain succès au Liban et à l’étranger (20 000 entrées pour “Stray Bullet” au Liban). Sont donc actuellement en préparation “Trempoline”, d’Elie Khalife qui réunira Omar Sharif et Rafic Ali Ahmad pour une comédie à l’italienne, et un film d’espionnage ayant pour protagoniste principal un agent anglais, “The Boone System”. De la nouveauté pour le cinéma arabe !

By Coline Houssais